de SOPHOCLE Par Malika Hammou et Irène Bonnaud

Mise en scène Laurence Cordier

LA FIGURE DE L’INSOUMISSION

Après avoir travaillée sur des paroles de femmes fortes empêchées dans leur quête d’accomplissement ; la dichotomie entre corps social et féminin chez Annie Ernaux, ou le désir et la puissance créatrice chez Frida Kahlo, Antigone s’est imposée à moi comme la figure de l’insoumission dressée face à une parole dominante.

Antigone incarne la figure d’une femme censée se taire et qui élève la voix pour s’opposer et agir. Le geste d’Antigone, recouvrir de quelques poignées de terre le cadavre de son frère, peut paraître dérisoire. Mais ce geste « sacré et symbolique », qui engage Antigone sur une voie funeste, va pourtant servir de déclencheur, conduisant bientôt l’ensemble du royaume à sa perte. Créon incarne la puissance d’un pouvoir patriarcal aveugle et sommaire, régnant par la force, soutenu implicitement par le choeur de la cité parce qu’il impose ordre et conservatisme.

J’ai voulu confier le rôle de Créon à une femme, pour éviter de réduire la question de la puissance (et la nuisance) du patriarcat à une domination masculine. Parce qu’Antigone est avant tout un manifeste humaniste. En défiant la loi imposée par son oncle, en voulant enterrer dignement son frère, Antigone porte en étendard un acte d’humanité : l’amour pour un frère défie la force brutale d’un pouvoir autoritaire. Antigone n’est pas la fanatique qu’on veut nous faire croire, ses motivations ne sont ni politiques ni religieuses. À l’instar d’une Greta Thunberg, elle est une lanceuse d’alerte qui, à son insu, incarne quelque chose de plus grand qu’elle.

Sophocle traduit par Irène Bonnaud et Malika Hammou

Mise en scène Laurence Cordier

Avec Aline Le Berre, Noella Ngilinshuti Ntambara et Fabien Orcier 

Création sonore Nicolas Daussy

Dramaturgie, scénographie  David D’Aquaro

Création lumières, régie générale Mehdi Meskini

Administration/Production Cécile Pennetier Un-Je-Ne-Sais-Quoi

Production La Course Folle